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Hyperparathyroïdies : Reconnaître les Symptômes et Troubles

Vous avez entendu le terme ‘hyperparathyroïdie’ et vous cherchez à comprendre ce qu’il signifie ? Vous vous demandez s’il existe plusieurs formes de cette maladie et ce qui les différencie ? C’est une condition médicale qui peut sembler complexe au premier abord.

L’hyperparathyroïdie est simplement une production excessive d’hormone parathyroïdienne (PTH) par les glandes parathyroïdes. Ce dérèglement provoque un excès de calcium dans le sang. Il existe trois types principaux de cette maladie, chacun avec des causes et des mécanismes bien distincts. Pour y voir clair, commençons par un tableau simple qui résume tout.

Tableau comparatif des 3 types d’hyperparathyroïdie

Ce tableau vous aide à saisir rapidement les différences fondamentales entre les hyperparathyroïdies primaire, secondaire et tertiaire.

TypeCause principaleNiveau de Calcium Sanguin (Calcémie)Contexte / Mécanisme
PrimaireTumeur bénigne (adénome) d’une glande parathyroïde.ÉlevéLa glande elle-même est défaillante et produit trop de PTH sans raison.
SecondaireInsuffisance rénale, carence sévère en vitamine D ou calcium.Normal ou BasLe corps manque de calcium, les glandes saines surproduisent de la PTH pour compenser.
TertiaireHyperparathyroïdie secondaire de très longue durée (souvent après une greffe de rein).ÉlevéLes glandes, sur-stimulées pendant des années, deviennent autonomes et incontrôlables.

Analyse détaillée de chaque type

Analyse détaillée de chaque type

Maintenant que les bases sont posées, regardons de plus près le fonctionnement de chaque type d’hyperparathyroïdie.

L’hyperparathyroïdie primaire : un dérèglement de la glande

L’hyperparathyroïdie primaire est la forme la plus fréquente. Dans la grande majorité des cas, la cause est un adénome parathyroïdien, c’est-à-dire une petite tumeur bénigne située sur l’une des quatre glandes parathyroïdes. Cette tumeur se met à produire de l’hormone PTH de façon excessive et incontrôlée, sans se soucier du taux de calcium déjà présent dans le corps.

Plus rarement, le problème peut venir d’une hyperplasie, où les quatre glandes augmentent de volume et deviennent hyperactives. Le résultat est le même : une production de PTH trop élevée qui fait grimper le taux de calcium dans le sang (hypercalcémie).

L’hyperparathyroïdie secondaire : une réponse à un autre problème

Ici, les glandes parathyroïdes fonctionnent correctement. Le problème vient d’ailleurs. L’hyperparathyroïdie secondaire est un mécanisme de compensation du corps qui réagit à un manque chronique de calcium ou à un excès de phosphore.

Les deux causes principales sont :

  • L’insuffisance rénale chronique : les reins n’arrivent plus à éliminer le phosphore et à activer la vitamine D. Le corps manque de calcium, ce qui pousse les glandes à produire plus de PTH pour en libérer depuis les os.
  • Une carence sévère en vitamine D : sans vitamine D, l’intestin absorbe mal le calcium des aliments. Pour compenser ce manque, les glandes s’activent.

L’hyperparathyroïdie tertiaire : une conséquence à long terme

L’hyperparathyroïdie tertiaire est une complication d’une hyperparathyroïdie secondaire qui a duré très longtemps, souvent des années. À force d’être sur-stimulées en permanence, les glandes parathyroïdes finissent par perdre tout contrôle. Elles deviennent autonomes et continuent de produire des quantités énormes de PTH, même si la cause initiale (comme l’insuffisance rénale) a été corrigée, par exemple après une greffe de rein.

À ce stade, la production d’hormone est devenue totalement indépendante des besoins du corps. C’est le résultat d’une hyperparathyroïdie secondaire prolongée qui a épuisé les mécanismes de régulation.

Quels sont les symptômes et les risques ?

Dans beaucoup de cas, surtout au début, la maladie est souvent asymptomatique et découverte par hasard lors d’une prise de sang de routine. Quand les symptômes apparaissent, ils sont liés à l’excès de calcium dans le sang et peuvent être très variés.

  • Grande fatigue et faiblesse musculaire
  • Douleurs osseuses ou articulaires
  • Formation de calculs rénaux à répétition
  • Troubles digestifs comme des nausées, une constipation ou des douleurs abdominales
  • Besoin d’uriner plus souvent (polyurie) et soif intense
  • Troubles de la mémoire, difficultés de concentration ou état dépressif

Si elle n’est pas traitée, l’hyperparathyroïdie peut entraîner des complications sérieuses. Le risque principal est l’ostéoporose, car le corps puise le calcium directement dans les os, ce qui les fragilise et augmente le risque de fractures. Les calculs rénaux peuvent aussi endommager les reins sur le long terme.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic repose sur des examens simples et précis pour confirmer le dérèglement et en trouver la cause.

La première étape est toujours une prise de sang. Elle sert à mesurer deux marqueurs clés : le taux de calcium dans le sang (calcémie) et le dosage de la PTH. Une calcémie élevée associée à une PTH élevée ou anormalement normale est le signe caractéristique d’une hyperparathyroïdie primaire.

Point clé du diagnostic : Dans une situation normale, si le calcium est haut, la PTH devrait être basse. Si les deux sont élevés, cela confirme que la régulation ne fonctionne plus correctement.

Des analyses complémentaires peuvent être demandées, comme une analyse d’urine sur 24 heures pour évaluer la quantité de calcium éliminée. Ensuite, des examens d’imagerie médicale comme une échographie du cou ou une scintigraphie parathyroïdienne sont réalisés pour localiser la ou les glandes responsables avant d’envisager un traitement.

Traitements : de la surveillance à la chirurgie

Le traitement dépend du type d’hyperparathyroïdie, de la sévérité des symptômes et de l’âge du patient.

Pour les formes légères d’hyperparathyroïdie primaire sans symptômes et avec une hypercalcémie modérée, une surveillance active peut être proposée. Cela consiste en des contrôles réguliers du calcium sanguin et de la densité osseuse.

Dans d’autres cas, des médicaments comme le cinacalcet peuvent être utilisés pour réduire la production de PTH et normaliser le taux de calcium. Cependant, le traitement de référence pour l’hyperparathyroïdie primaire symptomatique reste la chirurgie.

L’intervention, appelée parathyroïdectomie, consiste à retirer la glande ou l’adénome qui produit trop d’hormone. C’est une opération efficace qui permet une guérison complète dans plus de 95% des cas. Pour les hyperparathyroïdies secondaires, le traitement vise d’abord à corriger la cause sous-jacente (carence en vitamine D, gestion de l’insuffisance rénale).

Quelle est la différence entre hyperparathyroïdie primaire et secondaire ?

La différence est simple : dans la primaire, le problème vient de la glande parathyroïde elle-même qui est malade. Dans la secondaire, la glande est saine mais elle sur-réagit pour compenser un autre problème dans le corps, comme une insuffisance rénale.

L’hyperparathyroïdie est-elle grave ?

La maladie elle-même n’est généralement pas considérée comme une urgence vitale, mais ses complications peuvent être graves si elle n’est pas traitée. La déminéralisation des os (ostéoporose) et les dommages aux reins causés par les calculs sont les risques les plus importants sur le long terme.

Comment soigne-t-on une hyperparathyroïdie ?

Le traitement dépend du type. Pour l’hyperparathyroïdie primaire, la chirurgie (parathyroïdectomie) est la solution la plus courante et la plus efficace. Pour les autres cas ou les patients fragiles, on peut opter pour une simple surveillance ou des médicaments pour contrôler le taux de calcium.

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